Médicaments pour enfants : prudence !

Médicaments pour enfants : prudence !


Dans son dernier numéro, la revue “Prescrire” alerte les médecins en priorité, mais aussi les parents, sur les risques de surdosage médicamenteux chez les enfants, en raison de conditionnements insuffisamment sécurisés. Les rédacteurs ont adressé une série de propositions à l'Agence Européenne du Médicament et à son homologue française, l'Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM), dans le but de renforcer la réglementation sur les traitements pédiatriques.


Des risques de surdosage dus aux conditionnements !

Les auteurs de l’article ont étudié les conditionnements de plus de 5000 spécialités pharmaceutiques commercialisées depuis une trentaine d’années.


Ils se sont aussi basés sur une étude suisse, réalisée dans un centre antipoison, portant sur 203 cas d’ingestion accidentelle de paracétamol par des enfants de moins de 6 ans. Par exemple, la dose administrée était en moyenne deux fois plus élevée en cas de comprimés orodispersibles (pouvant être dissous directement dans la bouche, sans eau).


Ils en concluent que c’est le mode d’administration ou le type de conditionnement qui peuvent exposer l’enfant à des risques graves de surdosage. Sont notamment pointés du doigt, les formes buvables de paracétamol et les comprimés orodispersibles, ainsi que les tubes dépourvus de bouchon de sécurité.


Mais la vigilance ne doit pas s’appliquer qu’au paracétamol : en général, les dispositifs doseurs des médicaments liquides, dans leur grande majorité, sont trop imprécis et donc sources d’erreurs. Certains produits ne sont même pas accompagnés de doseur, les parents étant obligés d’utiliser une cuiller dont la contenance peut varier considérablement.


Et n’oubliez pas, si vous avez plusieurs enfants traités en même temps, les dosages diffèrent selon l’âge !


Médicaments et bonbons, bébé se tromper !

Concernant les comprimés orodispersibles, la revue “Prescrire” signale aussi un autre risque.


Plusieurs spécialités à base de paracétamol se présentent sous la forme de comprimés “acidulés, fruités, sucrés et pétillants”, qui plus est vendus dans des tubes sans bouchon sécurisé. Et certains ressemblent à s’y méprendre à des “pastilles de menthe”. Trop tentant, mais surtout trop dangereux pour les enfants amateurs de friandises !


Les auteurs préconisent d’acheter des comprimés conditionnés dans des plaquettes fermées par un film de sécurité.


Méfiez-vous des dosettes !

De nombreux produits sont présentés en “unidoses” et des erreurs ont été signalées à plusieurs reprises.


Par exemple, instiller de la chlorhexidine (antiseptique) dans le nez, à la place du sérum physiologique, peut avoir de graves conséquences : des nourrissons ont dû être hospitalisés à la suite d’une telle méprise.


Lors de l'utilisation d’une dosette, il faut lire attentivement l'étiquette avant l'administration, pour éviter tout risque de confusion entre des produits dont les indications sont différentes.


Si les jeunes parents sont particulièrement concernés, tout patient doit faire preuve de vigilance dans ce domaine.  




Soyez très vigilante ! Ne laissez aucun médicament à la portée des enfants, respectez les prescriptions de votre médecin à la lettre, contrôlez toujours le produit que vous administrez à votre bébé et ne faites pas d’automédication ! Au moindre doute n’hésitez pas à demander conseil à votre médecin ou votre pharmacien…




Dr Alain Batarec (Médecin Généraliste)


Sources : www.prescrire.org - www.ansm.sante.fr

Mise à jour le Jeudi, 21 Juin 2012 15:30